Grand Capucin - 3838, culmen - Mont-Blanc - France

Grand Capucin

Mont-Blanc - France

3838 m

Présentation

Situation

Avec le Mont Maudit au SW, l’arête de la Brenva et la Tour Ronde au S, à l’aplomb de la partie S du glacier du Géant, le Grand Capucin se trouve à l’extrémité de la face E du Mont Blanc du Tacul à côté du Petit Capucin et de la Pointe Adolphe Rey.

Approche

Les refuges les plus proches sont ceux de Torino (3322 et 3375 m) et celui des Cosmiques (3613 m).

  • À partir du téléphérique de l’Aiguille du Midi (compter 3h, selon les conditions), descendre plein E jusqu’à l’altitude de 3670 m, puis partir au S pour passer entre le Gros Rognon à droite et la Pointe Lachenal sur la gauche (Col du Gros Rognon). Continuer sur le glacier du Géant vers le SE jusqu’à la Pyramide du Tacul et la Pointe Adolphe Rey. Contourner la pointe par l’W, passer devant le Roi de Siam et le Petit Capucin jusqu’au pied du Grand Capucin.
  • L’accès depuis la Pointe Helbronner est plus rapide et facile en passant par le pied de la face N de la Tour Ronde.

Histoire

Première ascension du sommet

Première ascension (par l’W) : 24 juillet 1924 - Enrico Augusto, Louis Lanier, Adolphe et Henri Rey.

Première ascension de la Face E

La succession de multiples petits surplombs présents un peu partout sur la paroi contribua à faire penser aux anciens alpinistes que ce sommet resterait inaccessible.

Malgré la réputation de cette montagne, Walter Bonatti décide de s’y attaquer. Ayant trouvé un coéquipier de Monza, Camillo Barzaghi, tous deux entreprennent l’ascension de la face E qui débute le 24 juillet 1950, mais surpris par un orage dès les premières longueurs, ils sont contraints de renoncer.

Trois semaines plus tard, Bonatti qui trouve un nouveau compagnon de cordée nommé Luciano Ghigo, repart à l’assaut du Grand Capucin. Aidé d’une météo moins capricieuse que pendant la première tentative, les deux alpinistes parcourent une grosse partie de l’ascension durant les trois premiers jours. Malheureusement, au troisième bivouac les éléments se déchaînent à nouveau avec le vent et la neige qui font leur apparition. Ils essayent néanmoins de terminer leur projet mais butent sur une difficulté digne de la réputation du Grand Capucin, une dalle de quarante mètres aussi lisse que verticale (6c+). Une nouvelle fois encore, la décision est prise de battre en retraite et ils effectuent une descente qui s’avèrera longue et périlleuse, équipés de cordes en chanvre gelées.

Il faudra attendre une année et une troisième tentative pour venir à bout de ce sommet. C’est le même tandem qui récidive le 20 juillet 1951 et cette fois, il leur faut seulement deux jours pour parcourir la distance déjà ouverte l’année précédente. Ils franchissent alors le fameux « mur » de quarante mètres et se retrouvent une nouvelle fois face à une tourmente météorologique qui les oblige à bivouaquer dans des conditions très précaires. Il leur faut la journée complète du lendemain pour gagner le sommet et pour rejoindre le refuge Torino dans la nuit et la tempête. Cette voie se nomme désormais voie Bonatti et est la première du nom.

Pour cet exploit, Walter Bonatti utilise pour la première fois en haute montagne les techniques d’escalade artificielle testées dans les Dolomites dans les années 1930. De ce fait, certains alpinistes dévalorisent sa performance en critiquant l’utilisation d’une trop lourde logistique pour ses ascensions, trop de pitons, trop de ferraille, ce qui tendrait à minimiser le côté sportif de l’escalade. S’en suivit un débat sur la notion d’équipement où Bonatti défendait sa vision de l’alpinisme.

Voies contemporaines

De nos jours et après beaucoup de progrès sur l’équipement des grimpeurs, quasiment la totalité des voies ouvertes dans le Grand Capucin sont accessibles sans pratique de “l’artif”.

Voies d’ascension

Présentation des ressources internet pour les itinéraires non disponibles sur C2C.

Bibliographie historique

  • Rivista Mensile CAI, 1924, p.227-229 : récit de la 1re ascension du sommet.