Arête du Promontoire puis Traversée des arêtes - La Meije - Grand Pic - Écrins - France

Arête du Promontoire puis Traversée des arêtes

Distance2852m
Altitude min / max3092m / 3983m
OrientationS
Type d'itinéraireTraversée
Équipement glaciaire nécessaire
Approche en télésiège
Équipement- Corde 2×50 m pour les rappels du Grand Pic et du Doigt de Dieu - Dégaines longues - Câblés et friends petits et moyens - Sangles
Source

Details

Arête du Promontoire # 4 à 6h

La description ci-dessous commence depuis le refuge du Promontoire, atteint depuis La Bérarde et le Vallon des Étançons ou depuis La Grave et la montée des Enfetchores (le plus pratique).

Du refuge à la Pyramide Duhamel

Du refuge, monter à la brèche du Crapaud par des gradins entre le refuge et les toilettes. À la brèche, ne pas suivre les câbles qui partent à droite (E) mais aller à gauche (W) pour buter contre un court bombé déversant, le Pas du Crapaud. Le franchir (1 pas de 3b) pour gagner le fil de l’arête à gauche. Suivre l’arête au plus facile (2, quelques pas de 3a dans des cannelures) jusqu’à buter sous un grand ressaut raide (cairns). C’est le campement des demoiselles.

Partir alors en ascendance à gauche (W), par des dalles (cairns, 2), vers la rive gauche du couloir Duhamel (viser le grand gendarme caractéristique en bas de la rive droite du couloir - ici on en voit 2 - viser celui du bas, qui se détache bien sur la crête). Ne pas descendre dans le couloir mais remonter les rampes et cheminées (2 cheminées en 3a, parfois verglacées, équipées de pitons) jusqu’à venir buter contre un ressaut plus raide. Traverser alors à gauche, vers le couloir (rampe, pitons) et y prendre pied (neige et glace).

Remonter le couloir Duhamel, soit côté rive droite, sur des dalles, soit par le fond, par des gradins (attention aux chutes de pierres), soit côté rive gauche par une langue de neige (40°) présente en début de saison. Sorti du couloir, on laisse sur la droite la Pyramide Duhamel (3460 m) pour atteindre en ascendance à gauche une grande terrasse parfois enneigée (bivouac possible). Depuis ce point, on voit au loin les lumières de l’Alpe d’Huez, ce qui permet de se faire une idée de la météo (perturbation venant du NW).

Muraille Castelnau, de la Pyramide Duhamel au glacier Carré (zone impactée par l’éboulement de 2018)

De la terrasse, remonter au plus simple, légèrement vers la droite (NE) en direction de la grande face rocheuse raide et sombre, à l’aplomb du Glacier Carré - la Muraille Castelnau -. Arriver sur une large dalle, peu inclinée : la Dalle Castelnau (à partir d’ici, pour parcourir la variante ouverte suite à l’éboulement de 2018, se référer au topo photo d’Alpinemag cité dans les références). Remonter la dalle vers la droite jusqu’à venir buter contre un ressaut raide (pitons). Longer celui-ci vers la droite sur env. 4 m puis descendre un pas vers la droite (pitons) pour prendre pied sur une large vire. Continuer vers la droite, jusqu’à arriver au pied d’un petit mur de 3-4 m de haut : le mur Castelnau (3b, piton noir récent au pied). Une fois franchi le mur, continuer vers la droite par des vires peu inclinées (quelques pitons) qui mènent jusqu’à l’aplomb du glacier Carré (vires souvent humides ou verglacées, chutes de glace, rochers branlants issus de l’éboulement de 2018).

Monter un peu sur 5-10 m puis repartir en ascendance vers la gauche, en passant au plus facile en direction du fil de l’arête (vires peu marquées et ressauts en 3a-b, des pitons et relais sur sangle un peu partout). Plusieurs passages sont possibles jusqu’à être directement au-dessus de la dalle Castelnau. Continuer alors vers la gauche pour atteindre l’arête et franchir un court bombé - le Dos d’Âne (1 pas de 3b) - ou gravir un ressaut vertical sur env. 7 m (cannelures, 3c), pour déboucher sur un petit replat sur l’arête qui se prolonge en vire à droite (la vire aux encoches).

Traverser à droite sur la vire (éboulement récent) puis franchir une courte cheminée athlétique (un pas de 3c, un friend coincé et piton au pied) pour atteindre une plateforme avec un relais au pied d’une dalle fermée à droite par un dièdre-cheminée déversant. C’est la dalle des Autrichiens. Gravir la cheminée puis le dièdre jusqu’à rejoindre le haut de la dalle (4a, 3 pitons) qu’on traverse ensuite vers la gauche (3a) sous un surplomb jusqu’à une plateforme avec un relais de rappel (maillon triangulaire - 30 m), au pied d’une petite arête de rochers blancs.

Remonter la petite arête sur 5-10 m (3a raide) puis contourner un bloc de l’arête par la gauche pour accéder à une terrasse sur le flanc W de l’arête principale. C’est le pas du chat (1 pas de 3b aérien). À partir d’ici le rocher change du granite au gneiss. Remonter une large cheminée en rochers brisés, dépasser par la droite un bel emplacement de bivouac, franchir une dalle raide grise et prisue pour basculer sur le versant S, aller à droite, puis redescendre 5 m sur une dalle inclinée pour atteindre les vires du Glacier Carré.

Du Glacier Carré au sommet du Grand Pic

Si le Glacier Carré est en bonnes conditions, il est possible de le traverser en diagonale mais il est préférable de longer les rochers de la rive droite (35°) jusque sous le Pic du Glacier Carré puis jusqu’à la brèche du Glacier Carré (traversée horizontale puis couloir à 40°).

Les dalles de la face W s’abordent en commençant proche du fil de l’arête W, puis en restant sensiblement à droite sous l’arête (on croisera peut-être les relais sur chaînes de la descente en rappel, quelques pitons selon où l’on passe) jusqu’à déboucher dans une zone moins raide. Rocher globalement assez compact. Viser alors une petite dalle de rocher rouge qui se découpe sur le ciel : le Cheval Rouge (un bon piton au pied, puis relais 2 pitons). Le gravir (3c) pour passer versant N (un piton en sortie). Juste au-dessus, en versant N, franchir un petit surplomb pourvu de bonnes prises, le Chapeau du Capucin (1 pas de 3c). Suivre ensuite facilement l’arête qui mène au sommet du Grand Pic de la Meije (3983 m).

Traversée des Arêtes # 4 à 6h du Grand Pic au refuge de l’Aigle

Il est possible de redescendre l’Arête du Promontoire mais la traversée des Arêtes est l’enchaînement classique de la montée au Grand Pic par l’Arête du Promontoire. Les difficultés sont concentrées dans le contournement de la Dent Zsigmondy versant N mais celle-ci est équipée d’un câble (via ferrata d’altitude).

Du Grand Pic au Doigt de Dieu

Du Grand Pic, descendre 20 m versant NE, pour rejoindre une ligne de rappel permettant d’atteindre la Brèche Zsigmondy (relais sur chaînes : 40 m, 40 m, 30 m). Le premier relais de rappel se trouve env. 5 m sous un relais sur sangles bien visible du sommet, au fond d’un goulet. Selon les conditions, il peut être utile de chausser les crampons dès le départ des rappels.

De la brèche, traverser l’arête effilée (3 pitons, un friend coincé) jusqu’au pied de la Dent Zsigmondy et le départ des câbles qui permettent de la contourner en versant N (goujons et scellement). Ne pas suivre la vire qui part de la brèche versant N qui butte sur un couloir en glace. Suivre les câbles : descente, traversée horizontale (60 m) puis remontée d’un couloir–goulotte raide (70°, sortie en cheminée mixte) jusqu’à la brèche entre la Dent Zsigmondy et la 2e dent.

Suivre l’arête en passant au mieux sur le fil ou légèrement en contrebas versant N. Descendre 15 m versant N (3c ou rappel) pour atteindre la brèche avant la 3e dent. Un rappel entre la 3e et 4e dent est facultatif. Atteindre la brèche séparant la 4e dent (ou dent blanche) du Doigt de Dieu en descendant une pente de neige recouvrant des dalles lisses ou en faisant un rappel de 45 m (ou 2×25 m en bord d’arête). Si l’on fait 1 rappel, bien aller chercher le relais au sommet de la 4e dent pour éviter d’avoir à traverser pendant le rappel. De la brèche, gravir le Doigt de Dieu par l’arête (2, 1 piton au départ).

Descente du Doigt de Dieu

Descendre 30 m versant NE dans des bons rochers jusqu’à une terrasse (il n’est pas intéressant de faire un rappel depuis le sommet) et traverser 5 m vers l’E sur la terrasse pour rejoindre un relais sur chaîne. Rappel de 35 m jusqu’à un relais sur une large brèche au pied du Doigt de Dieu. Il est possible de désescalader la totalité du Doigt de Dieu (4a, pitons).

Depuis le relais, ne pas descendre (relais 4 pitons mais descente déconseillée et moins simple) mais suivre l’arête vers l’E sur ~30m jusqu’au pied d’une large tour et un relais sur chaîne très visible versant N. Afin de passer la rimaye et d’atteindre le Glacier du Tabuchet, faire un premier rappel de 25 m pour rejoindre un second rappel de 45-50 m (chaînes) sur un des derniers rochers avant les pentes du glacier (légèrement sur la rive droite). Rejoindre le piton rocheux du Refuge de l’Aigle en descendant au NE les pentes du Glacier du Tabuchet. Variante : de la large brèche, il est possible de tirer des rappels tout droit, selon l’état de la rimaye. Corde de 2×60 m préférable.

Descente du refuge de l’Aigle # 3h

Pour rejoindre la Grave, descendre rive droite du Glacier du Tabuchet, le long de l’arête du Bec de l’Homme. Rejoindre à droite la vire Amieux (câble). Suivre cette vire en remontant légèrement jusqu’au petit glacier-névé du Bec. Descendre sur le névé puis en prenant au mieux dans le flanc E de l’arête N du Bec de l’Homme pour atteindre une sente plus ou moins bien tracée permettant de rejoindre vers 2500 m le bon sentier menant au Pont des Brebis (Pied du Col), à quelques kilomètres de route de la Grave.

En début de saison, il est possible de rejoindre la Bérarde en descendant le couloir du Serret du Savon (lorsqu’il est enneigé) et en repassant versant Étançons par la Brèche de la Meije.

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